Je suis plantée, là, dans la nuit, campée sur une butte de terre entre des rangées d’arbres dépouillés. Le vent souffle sporadiquement, la froidure est de mise, je médite et m’enrhume. Aucune explication franche, aucun sens à ce désir de suspendre le temps qui sévit dans ma tête. Je frémis à l’idée qu’un sort puisse m’être réservé, un jour, quelque part sur terre comme dans l’au-delà.
L’au-delà de quoi ? De qui ?
J’exhume des idées sottes et croupis sur le reste. Je recalcule des temps, additionne des heures dans le dessein d’échafauder un ultime périple. Je me dérobe, cherche le cloisonnement dans des discussions mortes. Le quotidien me gagne. Je m’intéresse aux broutilles de tous les jours et en oublie la fin. Je n’aime pas devenir les autres.
Je singe l’existence.
Je siemiesque la vie.
Je ne signifie rien.
J’ai cette chance inouïe de connaître la misère de vivre.
Je sais, je ne dors pas dehors. Je sais, j’ai la chance de manger. De trop parfois!
Beaucoup trop parfois jusqu’à me priver de tout à la fois! Je sais. J’ai de la chance. Je sais. Et pourtant, vous n’imaginez pas à quel point je sais tout ça et avec quelle violence, je m’en
martèle le crâne. Je vis avec du magma dans le ventre et alors ?
Je vis dans le séisme et alors ?
J’organise mon éruption et alors ?
Bien à vous.
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