Vendredi 2 janvier 2009

Puisqu’ici ne meurt jamais, te souvient-il Inès de nos courses folles ? Te souvient-il de la roche gelée émergeant des hauts plateaux boueux d’entre les cimes ? Te souvient-il de ton front entaillé des lames du  froid des vents de ta chair meurtrie d’inquiétudes et d’efforts?

Puisqu’ici ne meurt jamais et qu’inexorablement je m’entête à lui trouver une fin plausible, je culpabilise et j’ai honte. Vous êtes là et venez encore. Je suis confuse et touchée. Je me remplis d’aliments et alcools qui me hurlent de ne rien lâcher mais de tout reprendre.

Tant que vous serez là, ici ne mourra jamais.

J’ai bien compris le message.

J’ai bien compris ton  message, Emma et ton message to Anne.

J’arrive à mes fins, qui sont de ne plus savoir écrire, ni lire.

Ni lire, ni écrire.

Femme ni-livre, ni-écrit.

Mon désir absurde de reverser ma folie dans le giron des calamités communautaires avait déjà fait débat au cours d’un palabre cathartique avec l’infini.

 

-         Oui il m’arrive de chercher le salut dans les étoiles !

 

Le fait que ma requête ait pu être rejetée a interpellé ma mémoire et l’a poussée à chercher les raisons qui ont motivé ce refus. Il s’agissait, entre autres, de problèmes d’épurements sociaux et de dépravations conjugales conduisant inéluctablement à l’épuisement total de mes ressources psychiques.

 

-         Je vous raconterai si je suis encore pourvue de capacités narratives.

 

Durant mes agitations orgasmiques, et par mimétisme, il avait été constaté chez mes proches, une certaine tendance à reproduire mes séismes lubriques. Bien que qualifiés d’immoraux par la société, ces troubles compulsifs n’en demeuraient pas moins légaux, toutefois pour le bien de l'espèce, il m’a été demandé d’opérer quelques modifications dans les tréfonds mon être pour prétendre à un redimensionnement comportemental et éviter ainsi tout risque de débordements pervers et porteurs d'une véritable contagion universelle.


Bien à vous.  

Par Ines de Saint Lambert
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Commentaires

Je ne me passionnais pas de mégots, avant - le forme me laissait de marbre - et, que le filtre soit écrasé ou déchiré entre mes lèvres, entre mes dents et les fils de salive beurés, couverts de rosés qui tapissent ma gorge ! - je ne m'en souciais vraiment pas. Je ne daignais pas y jeter un regard - et lorsque je jetais ma cigarettes sur le trotoire, rien ne s'y opposait.
Puis, j'ai rencontré un anorexique. Et je me suis torturée, à savoir : si je n'étaignais pas ma cigarettes, quelle forme imprimerait les dernières braises sous les souliers des gens.

C'est affreux, cette manière d'adopter les vices des autres - comment s'en débrasser, alors ? Parce qu'il faut bien un équilibre, non ?

Pärce que sans équilibre, la fin est proche - c'est comme arrêter de manger. L'anorexie, sans la boulimie, elle mène à la mort.
Tout de même merveilleux, ce talent de la nature, même dans ses plus grandes erreurs, ses plus grandes folies, ses plus grandes inerties, de nous anihiler par l'opposé.

Mariage, très chère, mariage.

baisers.
Commentaire n°1 posté par Emmanorexie le 04/01/2009 à 19h44
Qu'elle soit tout en clair-obscur pour que tu continues à venir nous parler ici ...
Bien à toi
Commentaire n°2 posté par Leïla le 04/01/2009 à 21h31
Tous mes voeux... :-)
Commentaire n°3 posté par Glory le 05/01/2009 à 09h59

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