Il faut que je vous raconte. Je voulais faire
ma vie d’écriture. J’avais à cœur de garder la tête froide afin de me concentrer mieux et durablement sur l’imbrication des mots.
Il n’en est rien.
Je stagne.
Même confrontée à la lecture des autres. Je végète d’introspection. Je voulais sauver mes écrits. Les mettre définitivement à l’abri d’une certaine forme d’érosion énonciative. Je sais que rien
n’est immuable, et encore moins les discours, puisqu’ils finissent toujours par se résorber dans les cavités meubles de la mémoire collective.
<< Je me suis trop refusée au cours de ma longue vie. >>
J’ai des écrits, partout, en fouillis, partout et nulle part dans ma tête confondue. Je perçois mieux, à présent, le rôle de mon absence au fil de ma désorganisation, mais ne me l’explique pas.
J’admets chercher une certaine forme de réconfort dans ces prospectives d’altitude. Ma chair manifeste le besoin de purgation.
Je dois me laver de l’intérieur, à grande eau, me vider, me récurer.
Je tente de véhiculer ces choses avec les pensées qui me viennent mais constate amèrement que toute ma démonstration ne tient que sur l’inconsistance de ma propre matière en fuite. J’ai
toujours voulu écrire mais je ne sais pas constituer une pensée.
Je suis fade.
J’ai perdu le principe même de l’ordonnancement. J’ai perdu l’assise. J’ai perdu la raison. J’essaie de me sortir d’un certain état contemplatif paralysant mais en vain.
Bien à vous.
Par Ines de Saint Lambert
5
-
Recommander