Jeudi 16 octobre 2008

Il faut que je vous raconte. Je voulais faire ma vie d’écriture. J’avais à cœur de garder la tête froide afin de me concentrer mieux et durablement sur l’imbrication des mots.
Il n’en est rien.
Je stagne.
Même confrontée à la lecture des autres. Je végète d’introspection. Je voulais sauver mes écrits. Les mettre définitivement à l’abri d’une certaine forme d’érosion énonciative. Je sais que rien n’est immuable, et encore moins les discours, puisqu’ils finissent toujours par se résorber dans les cavités meubles de la mémoire collective.
<< Je me suis trop refusée au cours de ma longue vie. >>
J’ai des écrits, partout, en fouillis, partout et nulle part dans ma tête confondue. Je perçois mieux, à présent, le rôle de mon absence au fil de ma désorganisation, mais ne me l’explique pas. J’admets chercher une certaine forme de réconfort dans ces prospectives d’altitude. Ma chair manifeste le besoin de purgation.
Je dois me laver de l’intérieur, à grande eau, me vider, me récurer.
Je tente de véhiculer ces choses avec les pensées qui me viennent mais constate amèrement que toute ma démonstration ne tient que sur l’inconsistance de ma propre matière en fuite. J’ai toujours voulu écrire mais je ne sais pas constituer une pensée.
Je suis fade.
J’ai perdu le principe même de l’ordonnancement. J’ai perdu l’assise. J’ai perdu la raison. J’essaie de me sortir d’un certain état contemplatif paralysant mais en vain.

Bien à vous.

Par Ines de Saint Lambert
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Commentaires

Mais au fond, qui suis-je?
Je ne prétends même plus exister.
Il faut que je sauve mes écrits, coûte que coûte.
Bien à vous
Commentaire n°1 posté par Inès le 16/10/2008 à 10h25
Etrangement, cet état, cette distance, j'ai l' impression de les connaître. Ne me demande pas pourquoi, ne me demande pas comment c'est possible, j'ai simplement l'impression de comprendre.


Tu sais, cet "appel de la mort", je cherchais simplement à y trouver une réflexion personnelle. Loin de moi l'envie de t'imposer ma version, loin de moi la prétention de te savoir ou non en tort. Tu m'as fait réfléchir, c'est tout. Et je crois -je crois-, qu'il n'y pas de mal à cela...
Commentaire n°2 posté par l'echec le 16/10/2008 à 21h58
Ce que dit le "je" d'ici, il me semble que j'en pourrais prononcer chaque ligne. Continuer à écrire, toujours, comme à respirer.
Commentaire n°3 posté par Clarinesse le 19/10/2008 à 18h57
je comprends ce que tu ressens. Sur mon blog, je ne cherche pas à écrire des choses profondes, comme tu le fais toi. Mais avant j'écrivais bcp chez moi, et je n'étais jamais satisfaite. Ce que tu écris est touchant et très bien exprimé, et crois moi, loin d'être dénué de sens. Tes écrits ne sont pas vides. Toi non plus.
Commentaire n°4 posté par trinity le 19/10/2008 à 23h47
J'aime cette non-organisation qui rend tes mots si spontanés, et si justes. Cette fantaisie qui enfante ces bribes de vie, ces états d'âme, les maux qui la torturent, aussi. Parceque c'est toi et que j'aime cette douce folie. Peut être qu'elle n'est pas simple à gérer. Mais elle est tellement agréable à lire.
Je pense souvent à toi et c'est sur la pointe des pieds que je viens te lire sans rien dire, tellement je me sens petite face à l'intensité de tes textes.
Je t'embrasse.
Et puis continue...
Commentaire n°5 posté par Anorchidea le 02/11/2008 à 17h50

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