Il y a toutes ces choses qui ruissellent au revers de ma mémoire, cet éloignement que je fignole au sortir de mon histoire, retourner et reprendre chaque mot échangé, chaque regard détourné pour ne pas voir ou devoir m’absoudre et digérer ma déconvenue dans le dénis de moi-même…il y a mon cœur en branle-bas de combat et mes battements saccadés nourris des pires atermoiements…mes afflux de sang qui montent et condensent les heures oubliées, hachées menues, menues, semées à la volée par delà les sillons de mon histoire, il y a ces souvenirs ou pas, qui défilent ou pas mais défient au pas lent du pressentir le temps des démissions, tant de choses à déverser, de larmes à secourir… ouvrir et encore fermer le quotidien, et vivre à jouer cela dans un tout qui m'est proche et me déforme sans cesse. Chaque palpitation, souffle et seconde me gargarisant des maux qui me défont…est ce donc cela mourir ?
Me redimensionner dans l’espace et me départir du vide qui m'
étouffe pour comparaître dépouillée de tout dans le reflet de mon miroir…ne serait ce donc point renaître ?
Bien à vous.
La renaissance c'est ce que j'ai vécu de plus difficile dans toute ma vie. Ma renaissance, et la mort d'une meurtrière, Ana.
Parfois je m'ennuie de ma mort, elle me sécurisait. Vivre c'est chamboulant, je me suis perdue dans ma vie.
Mais c'est bien d'être perdue. Et je n'ai pas besoin de boussolle.
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Les palpitations sont là, je ne doute pas que tu continues à te prostrer dans ta salle de bain pour enlever d'un geste sec la fourrure qui te déforme. Tu vies encore.
Tu vas te réaccoucher toi-même ? Pas eu le courage, moi, et je brûle encore. Peut-être qu'une renaissance te rend plus virulent encore. Peut-être que renaître tue.
On devrait imprimer quelques paquets de cigarette, et inciter les gens à crever pour le bien de l'état.
Moi, j'ai toujours, mourir provoque une mort lente et douloureuse.
Et c'est pas fini.
Je renaîtrai ensuite, un peu de patience... Mais attends-moi.
Tu es mieux nue, sans tout ça, sans les faux espoirs, sans les bonheurs illusoirs. Mais es-tu seulement mieux avec deux sillons de boue sur les joues ?
Savais-tu, Inès, que les larmes enfantines et angéliques ne sont que boue sur une peau trop lisse ?
Savais-tu, Inès, que celle qui n'est pas souillée, est incapable d'écrire ? Il faut d'abord apprendre à parler, et combattre l'air environnant. Puis, ensuite, à déchiqueter le papiers de mouvements délicats ou effrénés du poignet.
Et le salire. Et bouillonner.
Et envahir petit à petit l'espace environnant.
Dis, "tu ne vas pas recommencer !" ?
Je veux que tu souffles jusqu'à la fin des temps. Et n'oublies pas de respirer. Qu'importe, si ce ne sont que des halètements cannins. Basique, mais bien.
J'ai besoin de toi. Vraiment.
Et "abandon", ça fait vraiment mal.
Si j'avais été méchante, j'aurais dit que ça sonnait mal.
Mais je suis alliénée.
Toute à toi.