Samedi 15 mars 2008

Emma,

 

Au fond tu as raison, plutôt qu’écrire des niaiseries, il est préférable d’arrêter d’écrire !

Barbouiller des lignes pour remplir le vide qui s’étend et se répand comme une matière volatile entre les mailles des filets tendus de nos connexions insomniaques.

Je sens qu’une page va se tourner, mais dépossédée d’écriture, celle-ci, insane et dépréciative. C’est la rançon de l’espoir démis de ses fonctions cognitives.

Faudrait encore s’accrocher et tenter d’y croire mais à quoi bon ?

Moi aussi, je cède du terrain.

Te dire juste avant de dormir mon taux de déficience et les revers occultes de ma dépression corrosive. J’ai mal, et cela malgré l’échéance.

J’agonise un peu, je fatigue mon pauvre cerveau à déranger des images qui me parviennent d’une sensibilité infiniment passéiste. Je feuillette l’histoire dissolue de ma conscience. Te souvient-il de ma didactique de dégrisement ?

Mon éternelle remise en question, mon souffle court. Tes mots à toi. La puissance de tes écrits. Leurs ravages même dans mon verbiage infécond et mon pari stupide de tenir tête au monde. Traverser sans s’attacher, préférer les bas fonds au soleil. S’éloigner du bonheur et tenter de s’assoupir malgré tout. J’abrège.

Ton univers similaire au mien. Pauvres enfants que nous sommes à chercher l’extase dans l’aliénation.

Mes yeux sont las et je me désole.

Ton absence, à toi. Le cercle obstétrique qui nous corrompt.

Captivée, déroutée, je me soupçonne de regarder bien au fond des autres mais les yeux clos.

Tant pis, tant mieux, que m’importe puisqu’ils sont tous là et qu’il me faut composer avec. 

Tes lignes m’écorchent, me parcourent, je respire l’odeur nauséeuse des camps que tu racontes en tes termes et tournures incendiaires. La crémation, le dessèchement, l’incendie ! Tout mon être ne dégage... plus rien, ni fumées, ni relents, ni personne pour cohabiter. Impossible pour moi de me soustraire à la décrépitude qui me flingue.

Quelle est cette œuvre que tu composes ?

Quel foutu coup réserves-tu au sort ?

Tout me retombe, même les bras.

Mes yeux flottent.

 

Bien à toi.

 

par Ines de Saint Lambert
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Commentaires

Ecrire.
Se delester du poids des cailloux qui emplissent le ventre.
Moi j'aimerais arrêter de le faire.
Parceque c'est une dépendance, si je n'écris pas ça me rend dingue.
Alors des fois des conneris futiles prennent place dans mes phrases. Mais. ça me fait tenir.
Chercher l'interrupteur en tatonnant maladroitement dans l'obscurité.
J'aime l"extase dans l'alienation". Beaucoup.
parceque c'est tellement vrai.
et on y peut rien.

Je t'embrasse et espére que tu écriras encore pendant longtemps, pour que je puisse te lire encore, et encore.
commentaire n° : 1 posté par : Anorchidea (site web) le: 16/03/2008 09:42:33
Nan, n'arrête pas d'écrire, jamais. c'est ton don et il faut le préserver parce que tu as du talent et que ça te permettra toujours de t'en sortir, quoi qu'il arrive !
commentaire n° : 2 posté par : l'hystérique (site web) le: 16/03/2008 12:29:39

Oui, oui, écrire pour durer ... avec les autres ! Se déconstruire  pour mieux en rassembler les bouts !
Même si parfois le désir n'est plus là, il faut mettre en mots le vide ...

commentaire n° : 3 posté par : Leïla le: 16/03/2008 13:20:07
Laisse toi aller et peu importe si c'est dans l'incompréhension. Soirée bonne. 
commentaire n° : 4 posté par : Sév (site web) le: 16/03/2008 17:31:54
Et puis chaque jour, presque, il y a un nouveau(elle) lecteur... ce soir c'est moi, en résonnance avec tes doutes, ceux là même qui te conduisent au front de ta vie. Se reposer, aller humer plus loin, oui, abandonner jamais. D'ailleurs les touches viendraient à toi, soulèveraient ton âme car tu n'as pas tout dit et nous n'avons encore presque rien lu. De toi.
commentaire n° : 5 posté par : catel (site web) le: 16/03/2008 19:41:56
Trouver son rôle est la clé du sens de la vie. Tant que l'on pas trouvé un rôle accepté par le coeur et la conscience, on tatonne et on s'inquiète.
Ce qui est évident est que tu as un rôle à jouer et que la nature entière attend ta révélation dans se rôle. 
Ton créateur connais ton rôle, tourne toi vers lui.
Parfois, il ya plus de bonheur à donner qu'à recevoir.
commentaire n° : 6 posté par : LuckyFirst (site web) le: 17/03/2008 08:58:10
Et puis,j'annonce l'espoir à ceux qui vivent. Je proclame que des jours de lumière viennent sur ceux qui levent les yeux et qui essuient les larment en laissant briller avec puissance la petite flamme inextingible qui brille dans la profeondeur des coeurs desespérés.
Il ya la lumière, il ya le soleil, c'est bien une assurance
commentaire n° : 7 posté par : LuckyFirst (site web) le: 17/03/2008 09:22:53
Chargée de doutes, c'est ainsi qu'elle doit écrire, vaille que vaille!
commentaire n° : 8 posté par : Auteure (site web) le: 17/03/2008 15:31:13
Mieux vaut écrire n'importe quoi que de se taire à tout jamais!
Bizoux et bonne soirée!
commentaire n° : 9 posté par : Mélisande (site web) le: 18/03/2008 19:41:17

Amitiés Eve.

A bientôt

commentaire n° : 10 posté par : jean-Marc (site web) le: 20/03/2008 21:37:49
Dis, chère Inès, petit cadavre désorienté et débousollé, dont la tête s'agite par de vaines convulsions, dont les yeux injectés de veines tournoient dans leurs orbites, dont les lèvres se dysmorphent, agitées par de vains espoirs... Supliques, hurlements, prières - apprenons un notre père tous ensemble, et murmurons le sans ouvrire la bouche.

Dis, Inès, tu sais ce que c'est, le plus niais, dans cette histoire ? C'est que tu as beau te taire et braver la sociabilité humaine, je pense à toi - je te lis dans ma tête, et mes yeux renvoient sur le monde une pensée retournée - le système optique, que veux-tu, le cerveau analyse les images pour les remettre à l'envers - et quand, rarement, il pense, il ne renvoit en face qu'une image déformée de la réalité. Oui, je suis grosse, dieu du ciel, et ces bras comme ces cuisses, et c'est chevilles comme un seul cou - tout est à l'envers.

Pendons nous, soyons quelques lampes, quelques fleurs, jaillissant du sol, pour probablement satisfaire les illuminés de notre pays. De ceux qui réflechissent et voient à l'envers, de l'autre côté du miroir. Les pendus sont les amis des philosophes, les hommes sont les amis des bêtes.

Glorieuse destinée. Je t'assure que je te ceuillerai du haut de ton lustre, et que tu resteras dans ma main. Dans mon esprit, aussi. Et lorsque je te verrai à l'envers, je saurai enfin te voir vraiment.

Qui es-tu, Inès ? Est-ce ton vrai prénom ? Je ne me plante de trotoire en trotoire que dans l'espoir de l'apprendre. Je veux savoir, Inès - et quand je pense aux autres, je pense à toi, et quand je ne pense pas, tu m'apparais à l'endroit - l'envers du décors, c'est quand tu es la seule et unique à obstruer mon esprit...

Pardon d'écrire des choses aussi naïves, je suis bien niaise, je me dégoûte, et pardon si je suinte de bonnes intentions. Je te couperai du sol, du plafond, vois-tu, rien que pour t'enmenner en haut de celle colline, ou en bas de cette montagne - ou inversement.

Je ne sais, finalement, si tu es de ces pendues qui, à mi-chemin, s'envolent tels des ballons vers les sommets, ratachés aux roches. Au roc, à la brume, et un sanglot, noir et sinistre, parce que des poèmes, quand on te lit, on n'a que ça dans la tête.

Je passerai les enfants - pas si niaise, pas si folle - tu es plus grande que ça, tu me dépasses probablement - et tu restes dans mon esprit, comme une âme vagabonde projetant ombres - et lumière - dans les rues italiennes de mon enfance.

Merde, Inès. Ecris ! Ecris, et trompe moi du dernier article en ligne que je n'ai pas lu. Je te promets que si ce sont des adieux, je te tue, je te coupe du versant où tu demeures, et nous nous en iront vers d'autres cieux.

Oui, je suis une gamine, de ces gamines passionnées par les personnes nippons excessivement médiatisés. Aliénation. Je ne serais même pas capable de te dire ce que veut dire ce mot. Je n'aime pas les définitions, merde, elles me donnent l'impression d'être un dictionnaire...

Mais je sais que le mot, c'est juliette, c'est nous, tout le monde - punks en moins, anarchistes en plus. Tellement banal, niais, naïf. Et pourtant...

Aliénation ? Ne nous laissons pas aller à la décrépitude. Ne te flingues pas, ratrappe tes yeux, enfonce les dans tes orbites, tu en auras besoin pour me voir, tu en auras besoin pour pleurer.

Tu n'es pas insensible. A qui veux-tu faire croire ça ?
Tu crois que tes putains de textes perdent en mots et en chaleur ? Ils brûlent, consumment, consomme la moindre veine sortant de mon coeur, jusqu'à le laissant suffoquer, jusqu'à l'asphixye, jusqu'à la mort.

Je suis pyromane. Et alors ? Belle fin, pour la minorité féminine du genre qui confirme l'exception.

Tu crois que c'est une conclusion ? Tu te trompes, ratrappe tes yeux, tu en as besoin pour regarder à côté de toi. Même que, peut-être, si tu les retournes, tu me verras dans ta tête.

Manquerais plus que je lise dans les pensées des gens. Il paraît que je le fais. Dis, cerveau, cerveau pseudo-niais et absolo-génial, que veut dire aliénation ?

Si je te le dis, tu vis ?

Corrompons-nous de promesses mauvaises et d'insinuations malsaines. Brûlons nous pour le plaisir de bronzer aux lueurs flamboyantes.

Cherchons encore l'extase. Nous ne sommes pas pauvres. Nous sommes riches de folies - et viendra le temps où nous nous prendrons pour des princesses. Peut-être même qu'on nous aimera.

Peut-être même qu'on me regardera être captivée.
Je veux être une phalène aimée. Je veux savoir, si, Inès.

Je me poserais sur tes yeux, pleureraient de la cire et les raccrocherait à tes sourcils. Une ligne à suivre du doigts, normalement quand on s'ennuit, follement quand on s'intéresse de près.

Je me poserais sur tes bras, et pleurerai sur ton épaule. Faveur que je t'offre.

J'abrège.

Je laisserai glisser les larmes sur ta bouche, je te donnerai quelques dents. Tu en as besoin pour sourire. Tu en as besoin pour crier.

Et pour écrire. Pas besoin de lettres pour remplire l'espace. Juste de mots. Je te veux juste en face. Et c'est dure, de savoir que je n'ai rien pour être avec toi. Sinon parler folie.

Alors discourons, et sourions, merde. Avec les yeux, les bras, les sourirs, et les mots. La flamme au coeur. Rongeuse.


C'est pour toi,
et bien pour toi.

Bien à toi.


Emma.


commentaire n° : 11 posté par : Emma (site web) le: 22/03/2008 15:30:21

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