Emma,
Au fond tu as raison, plutôt qu’écrire des niaiseries, il est préférable d’arrêter d’écrire !
Barbouiller des lignes pour remplir le vide qui s’étend et se répand comme une matière volatile entre les mailles des filets tendus de nos connexions insomniaques.
Je sens qu’une page va se tourner, mais dépossédée d’écriture, celle-ci, insane et dépréciative. C’est la rançon de l’espoir démis de ses fonctions cognitives.
Faudrait encore s’accrocher et tenter d’y croire mais à quoi bon ?
Moi aussi, je cède du terrain.
Te dire juste avant de dormir mon taux de déficience et les revers occultes de ma dépression corrosive. J’ai mal, et cela malgré l’échéance.
J’agonise un peu, je fatigue mon pauvre cerveau à déranger des images qui me parviennent d’une sensibilité infiniment passéiste. Je feuillette l’histoire dissolue de ma conscience. Te souvient-il de ma didactique de dégrisement ?
Mon éternelle remise en question, mon souffle court. Tes mots à toi. La puissance de tes écrits. Leurs ravages même dans mon verbiage infécond et mon pari stupide de tenir tête au monde. Traverser sans s’attacher, préférer les bas fonds au soleil. S’éloigner du bonheur et tenter de s’assoupir malgré tout. J’abrège.
Ton univers similaire au mien. Pauvres enfants que nous sommes à chercher l’extase dans l’aliénation.
Mes yeux sont las et je me désole.
Ton absence, à toi. Le cercle obstétrique qui nous corrompt.
Captivée, déroutée, je me soupçonne de regarder bien au fond des autres mais les yeux clos.
Tant pis, tant mieux, que m’importe puisqu’ils sont tous là et qu’il me faut composer avec.
Tes lignes m’écorchent, me parcourent, je respire l’odeur nauséeuse des camps que tu racontes en tes termes et tournures incendiaires. La crémation, le dessèchement, l’incendie ! Tout mon être ne dégage... plus rien, ni fumées, ni relents, ni personne pour cohabiter. Impossible pour moi de me soustraire à la décrépitude qui me flingue.
Quelle est cette œuvre que tu composes ?
Quel foutu coup réserves-tu au sort ?
Tout me retombe, même les bras.
Mes yeux flottent.
Bien à toi.
Oui, oui, écrire pour durer ... avec les autres ! Se déconstruire pour mieux en rassembler les bouts !
Même si parfois le désir n'est plus là, il faut mettre en mots le vide ...
Amitiés Eve.
A bientôt
| Mai 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
Se delester du poids des cailloux qui emplissent le ventre.
Moi j'aimerais arrêter de le faire.
Parceque c'est une dépendance, si je n'écris pas ça me rend dingue.
Alors des fois des conneris futiles prennent place dans mes phrases. Mais. ça me fait tenir.
Chercher l'interrupteur en tatonnant maladroitement dans l'obscurité.
J'aime l"extase dans l'alienation". Beaucoup.
parceque c'est tellement vrai.
et on y peut rien.
Je t'embrasse et espére que tu écriras encore pendant longtemps, pour que je puisse te lire encore, et encore.