Mémento, c’est votre présence qui me bouleverse. Quelque chose a mis le feu à ma vie ! Je suis traversée de vos yeux qui me lisent, me relient à mon vacarme cérébral et courent sur mon corps aligné, désorganisé, maladif et désenfanté que suspectait ma mère, fragile, déséquilibrée, désorientée par la maladie qui lui tanguait l'essence même de sa sclérose euphorique, lui chaloupait la chair jusqu’au naufrage, comme une gangue jusqu’aux escarres qui lui ont rongé les fesses, jusqu’au mycoses, qui lui ont tapissé la gorge jusqu’à la névrose! Ma propre trachée me vomit de toutes mes lèvres incestueuses qui se souviennent de signes qui ne trompent pas mon œsophage en berne et mon cœur en cernes. J’ai vu leurs corps transfigurés par la Mort, terrassés dans un premier temps, puis résignés dans un second à cohabiter avec le froid. Je les ai vues toucher le fond alors que j’étais en apesanteur subjective, l’œil braqué sur leur pompe à morphine. Je scande mon paradoxe. Mémento Leïla, mémento ! Tes lignes à jamais. Le ventre secoué, je t’assure, secoué à jamais. Je te le redis donc :
Comment appelle t'on ces cristaux qui s'échappent d’un œil hagard quand les sens refluent? J'ai la joue rayée d'un linéament humide...je ne sais que dire de plus...
Mais quelle surprise au plus fort de mes doutes!
Eternelles amitiés...le coeur emprunt de salinité.
Je pressens ton souffle derrière tes lignes et suis touchée du mal qui me couche sur le web.
Bien à toi double de mon double.
Je manque d’engagement et d’assurance politique, je suis évidée de mon propre sens critique. Que dire quand les bouches sont suspendues à la mienne et que les esprits se resserrent sur moi comme un cercle. Un cercle, notre cher cercle Emma, notre cher cercle Anne – mémento Destinéa et ton journal qui déborde d’un amour sans limites pour les autres? J’exècre ma niaiserie cognitive et revendique ton altruisme.
J’ai le mal du peloton d’exécution. La phobie de la balle dans le ventre.
J’ai le mal être d’une fusillée, au poteau.
Je vous soumets ma folie, propre et nette.
Je vous la soumets, tendre et traître.
J’ai mis un pied dans les maisons, quelque part au fond de mon village, pas loin d’une de ces sorties de la RN4. J’ai mis un pied dans leur quotidien autour d’un thé vert et d’histoires d’usines. J’ai mis un pied pour causer et proposer mon cœur, en échange.
C’est bizarre, j’ai déjà la tête vers les sommets, pas les grands sommets, pas les petits sommets mais les vieux sommets, érodés, qui, seuls, savent
nous murmurer nos origines et nous conduire, sereine, vers le trépas. J’irai leur courir sur le crâne comme au temps de mes courses folles sur les chemins blancs de mon enfance. Je vous laisse ma
part d’incertitude. Tu m’as cueillie en plein doute. Que savais tu de ma détresse puisque je ne disais rien ? Sont-ce peut être mes claquements de peau sur les os ou l’entrechoc de
mes os dans le dos, portés par le vent toxique jusqu' à tes oreilles. Toujours est-il que je le vois comme un signe avant-coureur, d'augures.
Bien à vous.
Ces textes de pourpre somptueuse, je les lis souvent, mais ils laissent sans voix, sans souffle. Je ne vois pas comment y laisser un "ben moi aussi" sans impudeur. Admiration et empathie, simplement.
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Tu reviens et Anne s'en va ^^
j'éspère qu'elle reviendra vite
Et ne nous abondonne plus Inès...
Bien à toi aussi :)