<< Lire réveille d’innombrables souvenirs enfouis et le lecteur se retrouve de connivence
avec l’écrit, s’établit alors entre eux une solide complicité, chacun devenant à tour de rôle le confident de l’autre. Je tiens justement à ce que mon
poème secoue l’âme du lecteur et garde ce rôle de confessionnal, ébranle le pénitent de fonds en comble et lève le voile sur ce qu’il garde de plus
intime au fond de lui. Nous savons que l’être humain échafaude des stratagèmes pour exploiter son espace, pour s’enraciner durablement afin que l’espèce se perpétue dans les meilleures conditions
possibles. Combien de délits, de trahisons, de crimes sont occultés sous le poids des ans ? L’homme flirte perpétuellement avec le mensonge pour couper court aux conflits, aux
affrontements tendancieux, à tout ce qui entrave son bon développement physique et psychologique. L’écrit joue ce rôle de confesseur en livrant ses propres faiblesses, se tisse autour du lecteur
et de lui une toile de confiance, dans les mailles desquelles, il est plus aisé d’essorer sa conscience. Le lecteur ressasse ses fautes, les avoue pour repartir sur d’autres bases et se laver des
souillures qu’il porte en lui. Le pouvoir des mots est sans limites sur l’esprit et le reconfigure à chaque remise en cause. Lire à des fins eschatologiques, pour se purifier, pour s’élever et se
défaire sans cesse du péché originel.
Leila. >>
Vous étiez, chères jumelles, le prolongement de mon âme, de mes pulsions, de mes passions, de mes fantasmes. Vous faisiez corps avec moi-même, outrepassiez les règles qui nous régissent ici-bas, se moquant sans vergogne du qu’on dira t’on, piétiniez les lois sociales, saccagiez les rites immuables, faisiez fi des obligeances morales mais respectiez l’autre dans son intégrité…Voilà ce vous incarniez, mon désir de liberté, d’abolir les principes poussiéreux de notre société qui nous réduisent à un asservissement total où tout s’enchaîne de façon cyclique et intransigeante. Vous aimiez les êtres dans leur plénitude et par amour, les ameniez à tirer un trait définitif sur le schéma classique de l'union par couple au profit de l’instinct. Vous étiez ma liberté !